Le sens du toucher : Une ressource des plus naturelle

La situation actuelle est anxiogène pour tous : les habitudes et les repères sont bousculés, et l’organisation des semaines à venir est incertaine. Cela suscite de l’insécurité, de façon plus ou moins importante selon chaque individu, adulte ou enfant.

Celui-ci va notamment permettre la sécrétion d’ocytocine, hormone dont l’importance dans les processus d’attachement est largement connue, et qui participe aussi à réduire l’anxiété et les stress survenant lors des interactions sociales. Autant dire qu’en cette période de semi-confinement, cela peut s’avérer une ressource précieuse !

 

LE TOUCHER

Face à cette sensation d’insécurité, une des ressources les plus naturelles que nous avons est le sens du toucher

Mais avant de mettre en place votre salon de massage familial, voici quelques recommandations, qui sont tout aussi importantes que le massage en lui-même :

Qualité de présence

Tout d’abord, la qualité de notre présence va directement impacter la qualité de l’échange et de la détente qui pourraient advenir, alors aménagez-vous un coin tranquille et agréable, sans distracteur alentours (écrans, téléphone, petit frère qui joue aux légos…) qui vous permette d’être totalement disponible. Quand vous avez choisi un endroit qui vous convient, vous pouvez tout-à-fait mettre une musique douce, allumer une bougie, diffuser une huile essentielle pour vous construire un petit cocon sensoriel.

 

Confort

Ensuite, veillez au confort ! Autant pour le massé que le masseur. En effet, si la personne qui masse est inconfortable, cela va forcément se retrouver dans son toucher.

 

Etre à l’écoute

Enfin, il est important que la stimulation que l’on propose soit agréable pour la personne qui la reçoit ! Nous avons tous des sensibilités différentes, et donc des besoins différents. Ce qui est agréable pour moi ne le sera pas forcément pour mon voisin, alors soyez à l’écoute. En général, un toucher profond sera davantage sécurisant qu’un toucher léger, mais il faut rester à l’écoute de ce que manifeste la personne qui se fait masser, autant par le langage que par ses réactions corporelles. De même, certains aiment le contact direct avec les mains, d’autres préfèrent être massés avec un objet (une balle ou un ballon par exemple), ou à travers un tissu ou une couverture.

Et maintenant, quelques propositions :

qui font autant de bien aux enfants qu’aux adultes ! 

Massage de la balle

La personne qui se fait masser est couchée sur le ventre, la tête tournée sur le côté (peu importe lequel) ; les coudes forment un angle droit et les mains sont posées avec les paumes contre le sol, à peu près à hauteur du visage. Il s’agit de faire avancer une balle en faisant de petits mouvements circulaires et réguliers dans le sens des aiguilles d’une montre sur l’ensemble du corps en suivant le trajet des os. La balle est assez ferme mais on peut prendre une balle molle si la personne préfère. On commence en posant la balle tout en haut de la colonne vertébrale, puis on va sur le bras droit (pour les droitiers) jusqu’à la main et au bout des doigts l’un après l’autre. On fait le chemin du retour puis on fait la même chose sur le bras gauche et on revient en haut du dos. On descend ensuite le long de la colonne vertébrale jusqu’au sacrum, puis on descend le long de la jambe droite jusqu’au pied sur lequel on insiste bien (attention au talon qui peut être très sensible !). Puis on remonte pour revenir au sacrum et on fait la même chose avec la jambe gauche. Quand on a fait les 2 jambes et qu’on est revenu sur le sacrum, on remonte le long de la colonne. SI la personne le désire, vous pouvez finir en roulant la balle sur le crâne, d’un côté puis de l’autre, avant de revenir avec la balle au point de départ avant de la retirer.

NB : durant ce massage, on garde en permanence la balle en contact avec le corps

NB2 : un certain nombre d’enfants aiment inverser les rôles et faire ce massage à leur parent, alors profitez-en !!

Les pattes de chat

L’idée et le cheminement sont les mêmes que pour le massage de la balle, mais cette fois on suit le trajet avec les mains, qui se déplacent l’une après l’autre, comme si vos mains étaient les pattes d’un chat qui se déplacerait sur vous. Attention à l’intensité de votre pression et aussi de ne pas serrer/agripper avec vos doigts car cela peut-être très désagréable.

NB : Ici aussi, il y a toujours une des 2 mains qui garde le contact tout au long du massage.

Le sandwich pour les enfants gourmands et les parents créatifs :

Une couverture (ou un drap) est étalée au sol, l’enfant s’allonge sur le tissu, le long du bord, la tête dépasse du tissu. Puis on tient le tissu en même temps que l’on retourne l’enfant : celui-ci se retrouve alors sur le ventre avec le tissu sur le dos. Là on demande à l’enfant quel ingrédient il veut dans son sandwich, chaque aliment donnant lieu à la création de stimulation sensorielle nouvelle (par ex : pour mettre les tomates, je dessine des ronds en faisant des petits mouvements de rotation avec ma main posée à plat, pour étaler le beurre je fais glisser mes mains, etc…). On fait 2 à 3 ingrédients max par couche. Puis on retourne de nouveau l’enfant qui se retrouve sur le dos et cette fois bien enroulé dans la couverture, et on recommence avec 2 ou 3 ingrédients. De là, vous pouvez retourner encore une fois l’enfant pour faire une troisième couche d’ingrédients, ou décider ensemble qu’il est bien assez consistant ; dans ce cas-là, faites rouler délicatement l’enfant en sens inverse pour le sortir de la couverture.

NB1 : si l’enfant n’aime pas être « emballé », on peut faire la même chose mais sans tissu.

NB2 : Dans la même idée, une autre proposition ludique trouvée sur le net, sur le thème du jardin, de saison donc ! massage ludique : pousse d’acacia

Auto massages :

Pour les personnes qui sont seules à la maison, ou celles qui préfèrent, les auto-massages sont aussi très bienfaisants. Les plus faciles sont ceux des pieds et des mains. Quelques idées de mouvements :

Commencer par prendre contact avec des pressions enveloppantes ;

Pétrir dans la profondeur le dessous du pied ou la paume de la main ;

Le tire-bouchon : avec 3 doigts, attraper assez fermement le doigt (ou l’orteil) à la base, et laisser glisser tout en tirant et en imprimant des petits mouvements de rotation pour solliciter les articulations ;

Étirer doucement la main en poussant sur le dessous des doigts afin de ramener le dos de la main vers l’avant-bras.

En bonus : Toucher et mouvement : le bercement latéral


Si nous utilisons spontanément les bercements pour apaiser les bébés, ce type de mouvement reste tout aussi bénéfique pour les enfants de tout âge. Ils permettent une certaine détente et nourrissent aussi une sensation de sécurité.

Positionnement : Le parent s’assoit au sol, le bassin et le dos sont bien appuyés contre un mur. L’enfant s’assoit en tailleur, le dos et le bassin tout contre l’adulte qui l’entoure alors de ses bras.

Le parent imprime alors un mouvement rythmique de balancier entre droite et gauche (j’utilise souvent l’image du métronome), de toute petite amplitude de chaque côté (10 cm de chaque côté suffisent !), une trop grande amplitude pourrait avoir l’effet inverse à ce qui est recherché.


Le rythme du balancement est assez lent, mais surtout, c’est celui qui est agréable à la fois pour l’enfant et le parent. Vous pouvez le faire pendant 30 secondes maximum, mais si l’enfant demande à arrêter avant, on respecte sa demande, et donc sa sensibilité.

Pour les adultes, ce mouvement peut aussi être réalisé seul, assis en tailleur avec les mains posées l’une sur l’autre sur la poitrine.


Audrey Bécart, 15 avril 2020